Photo en gros plan d'une branche d'ajonc épineuse recouverte de fleurs jaunes et de bourgeons velus

  • Feb 18, 2026

Équinoxe électoral

  • Cecile Tresfels
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Ajoncs, émotions municipales et soin électoral

Hello!

Dans cette première newsletter de 2026, à quelques semaines de l’équinoxe de printemps:

1-je vous partage les réponses reçues suite à mon questionnaire sur l’impact émotionnel et psychologique des élections municipales à venir

2-je vous invite au programme de soin électoral que j’ai concocté pour vous accompagner dans la temporalité si particulière de cette période politique, et s’entraider avant, pendant, mais aussi après les élections

3-je vous propose une plante-soutien pour nous guider à travers cet équinoxe électoral plein d’ambiguïté et d’incertitude: l’ajonc aux fleurs jaunes et aux branches épineuses.

Bonne lecture! La description de chaque image est disponible en alt-text avec un lecteur d’écran. N’hésitez pas à appuyer sur “afficher l’intégralité du message” pour que la newsletter se déploie pleinement sous vos yeux ou à l'afficher directement dans le navigateur! Elle est aussi disponible en version écrite et audio sur substack et en version podcast sur youtube. Bonne écoute!

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1-Équinoxe électoral

Le 20 mars 2026, ce sera l’équinoxe de printemps, ce moment astronomique où la durée du jour est égale à celle de la nuit. C’est la date d’entrée officielle dans le printemps dans l’hémisphère Nord, à partir de laquelle on gagne environ 4 minutes d’ensoleillement par jour jusqu’au solstice d’été, le 21 juin, le jour le plus long de l’année.

C’est un moment symbolique de renouveau dans de nombreuses traditions, où les forces opposées s’équilibrent, et qui annonce la plantation prochaine des semis et le retour progressif de la lumière.

Photo de deux buissons, un aux feuilles vert foncé et un aux feuilles vert-jaune à travers lequel perce le soleil levant, dont les rayons s’étendent de chaque côté de l’image

Mais cette année l’équinoxe aura lieu pendant une période bien particulière en France: la semaine d’entre-deux tours des élections municipales. Et depuis plusieurs semaines j’appréhende déjà ce moment d’entre-deux, où nos émerveillements printaniers seront accompagnés d’émotions bien compliquées.

Et je suis loin d’être la seule à appréhender cette période.

J’ai créé début février un mini-questionnaire sur l’impact émotionnel et psychologique des élections à venir que j’ai partagé en story, et une dizaine d’entre vous y ont répondu (merci!).

Texte en noir sur fond beige clair: “Impact émotionnel et psychologique des élections municipales à venir: Nommer ce qu’elles nous font, S’entraider pour ce qu’on en fait,”accompagné d’une illustration de deux petites grenouilles, une à l’air effrayé qui ouvre la bouche, et une à l’air anxieux, prostrée sur un coussin, qui entourent le dessin d’une urne de vote avec un bulletin glissé dedans et des éclairs jaunes et rouges autour, et sur laquelle est écrit le mot “vote.”

Voici les réponses que j’ai reçues pour les trois questions posées:

1-quelles sont les émotions et sensations que vous ressentez à l’approche des élections municipales de mars?

“anxiété, défaitisme;” “dégoût, déception, désespoir;” “crainte et espoir;” “la saturation, je n’en peux plus de toute cette mascarade, pour rester polie;” “espoir, excitation, stimulation, appréhension, peur;” “je me sens perdue, détachée, anxieuse;” “de l’enthousiasme et de l’espoir;” “angoisse de revivre la même expérience qu’avec les législatives.”

2-Est-ce que les élections municipales de 2026 ont une dimension particulière pour vous?

“une forme de deuil et ne pouvant pas me sentir optimiste;” “rappel de l’horreur de la campagne que j’ai faite en 2020;” “la prochaine étape avant la fin du monde? drama king 😅;” “bien sûr. Post 2017. Post 2022. Post 2024. Montée des ED partout, c’est ça l’insécurité;” “le contexte local très ancré dans le quotidien, l’évolution de la ville où j’ai grandi;” “pas particulièrement, juste je me dis que je dois y aller alors qu’avant j’y allais que pour les présidentielles.”

3-En général, quelles émotions vous associez à l’entre-deux tours des élections?

“résignation ou pression;” “l’inquiétude et de la frustration de devoir voter pour éviter le pire et non pour ce que je souhaite;” “appréhension;” “ça dépend lesquelles, et le contexte, mais depuis toutes ces montées officielles de l’ED: insécurité;” “angoisse x 1000;” “ça dépend lesquelles mais souvent dégoût total;” “l’incertain et l’attente.”

Texte en noir sur fond beige clair: “je me sens perdue, détachée, anxieuse;” “de l’enthousiasme et de l’espoir;” “angoisse de revivre la même expérience qu’avec les législatives.”

Prenons un moment pour accueillir toutes ces émotions et sensations, et remercier la vulnérabilité des personnes qui les ont partagées.

Est-ce qu’elles font écho à ce que vous ressentez vous?

Ou au contraire est-ce qu’elles sont très différentes de la manière dont vous appréhendez ces élections?

Pas étonnant en tout cas que nous soyons en prise à toutes sortes d’émotions complexes à l’approche de ces élections. Les périodes électorales sont des entre-deux qui cristallisent les rappels traumatiques des élections précédentes (les municipales de 2020 au début de la pandémie de covid, les présidentielles d’avril 2022 suivies des législatives en juin de la même année, les élections européennes de juin 2024 suivies de près par les législatives de juin-juillet 2024 après la dissolution de l’assemblée...) et exacerbent les crises sociétales structurelles du contexte dans lequel elles se déroulent, ainsi que les discriminations et les violences qui en découlent.

Les élections municipales ont aussi la particularité d’activer nos liens intimes aux lieux, aux écosystèmes, aux institutions et aux communautés locales qu’on fréquente au quotidien, et de potentiellement faire émerger encore plus les questions liées à l’appartenance et à la sécurité.

Texte en noir sur fond beige clair: “le contexte local très ancré dans le quotidien, l’évolution de la ville où j’ai grandi”     “bien sûr. Post 2017. Post 2022. Post 2024. Montée des ED partout, c’est ça l’insécurité”

Le politologue Adam Przeworski avait dans les années 90 défini la démocratie comme “une incertitude organisée” ou une “institutionnalisation de l’incertitude.”

Et en effet chaque cycle électoral permet, a priori, de rebattre les cartes. Sauf que, depuis plusieurs années, la normalisation de l’extrême-droite et la diabolisation de l’anti-racisme, les 49.3 à tout va ou le non-respect des résultats des législatives de 2024 pour la constitution du gouvernement, font que, en fonction de là où on vit, les résultats peuvent sembler plus certains qu’incertains. Et il n’est donc pas étonnant que vous soyez plusieurs à avoir nommé un mélange d’incertitude et de fatalisme, d’espoir et de désespoir.

Texte en noir sur fond beige clair: “résignation ou pression”    “l’inquiétude et de la frustration de devoir voter pour éviter le pire et non pour  ce que je souhaite”

Alors qu’est-ce qu’on fait? La réponse va être différente en fonction de chaque personne. On a toustes un rôle différent à jouer au sein de cet écosystème d’équinoxe électoral.

En tant qu’accompagnante radicalement sensible, je vous propose un un programme de soin électoral pour nous entraider à prendre soin de toutes ces émotions qui nous habitent et qui vont continuer à se déployer au fil du mois de mars.

2-Programme de soin électoral

Aujourd’hui ce phénomène a un nom: le syndrome de stress électoral ou l’anxiété électorale. Des études étasuniennes ont même démontré l’impact physique que peuvent avoir ces périodes électorales sur l’organisme (troubles du sommeil, augmentation du taux de cortisol et des risques cardiovasculaires, entre autres).

Mais s’il peut être utile d’avoir un terme pour désigner ces ressentis, le risque serait de nommer ces réponses émotionnelles sans chercher à lutter contre les systèmes dysfonctionnels et oppressifs qui les causent.

C’est le sujet de l’épisode hors-série du podcast mūsae: “Anxiété électorale, colère: comment tenir face au fascisme?” de juillet 2024, avec Claire Touzard, Douce Dibondo, Samah Karaki et Christelle Tissot; que je recommande vivement et où les invitées nous rappellent l’importance de politiser nos affects, en refusant de les isoler du monde dans lequel on vit, et des systèmes et des dynamiques de pouvoir qui l’animent.

Titre en blanc sur un fond de dégradés rose orangé mauve et bleu: "Anxiété électorale, colère: comment tenir face au fascisme?" Sous-titre en noir: un talk politique sur la santé mentale par Claire Touzard, avec Douce Dibondo, Samah Karaki et Christelle Tissot. En bas de l’image une photo de chaque intervenante dans un cercle.

Et ici, vous le savez, l’idée c’est de prendre soin de nos émotions et de nos relations pour mieux incarner nos révolutions!

Alors pour prendre soin de nos émotions municipales, je vous ai préparé un programme de soin électoral pour nous entraider à faire face à l’intensité et à l’urgence du mois à venir, et envisager le soin comme un élément indispensable de nos luttes.

Soin électoral: cercle de soutien spécial municipales

Je vous invite à un cercle hebdomadaire de soutien spécial municipales tous les lundi soirs de mars, en ligne, de 20h à 21h30 (échelle tarifaire de 15-45 euros).

Texte en noir sur fond beige clair: You are invited to: Soin électoral, cercle de soin spécial municipales. Sous le texte, une illustration où plein de grenouilles aux emotions différentes entourent une urne dans laquelle est glissé un bulletin de vote. En-dessous: les informations logistiques: les lundis 2, 9, 16 t 23 mars, 20h-21h30, en ligne, échelle tarifaire 15-45 euros, rsvp: ceciletresfels@gmail.com ou en MP

Un cercle pour se soutenir de manière collective dans nos luttes contre le colonialisme et le fascisme lors de cette période électorale à la temporalité si particulière. Un cercle pour prendre soin de nos cœurs, corps, esprits, âmes, impactées par cette période charnière aux enjeux cruciaux.

Vous pouvez venir une fois ou autant de lundis que vous le souhaitez. On commencera par un moment d’ancrage, puis un cercle de parole (partage de nos expériences et ressentis en fonction de nos identités, nos lieux de vie et nos contextes), suivi d’un moment de soin créatif. Les dernières 15 minutes seront consacrées à une mini dance party pour métaboliser/ faire circuler les émotions (optionnelle bien sûr). N’hésitez pas à m’envoyer les morceaux sur lesquels vous aimeriez danser pour que je les rajoute à la playlist!

Chaque personne est invitée à participer de la manière qui lui convient le mieux: avec ou sans caméra, à l’oral ou à l’écrit, en adaptant chaque proposition à ses besoins et son contexte. Vous pouvez partir avant la mini dance party ou à n’importe quel moment du cercle. Vous pourrez me partager vos questions et vos besoins en accessibilité dans le formulaire d’inscription.

Texte en noir sur fond beige clair: Soin électoral, cercle de soin spécial municipales. Sous le texte, une illustration où plein de grenouilles aux emotions différentes entourent une urne dans laquelle est glissé un bulletin de vote.

Toutes les grenouilles sont les bienvenues!

Peut-être que vous êtes sur une liste, que vous militez pour en soutenir une, ou bien que les municipales c’est assez nouveau pour vous.

Peut-être que vous suivez ça de loin parce que vous êtes débordé’es par la vie, que vos capacités sont limitées ou parce que vos engagements précédents vous ont trop impacté’e.

Peut-être que vous vous réjouissez du succès possible d’une liste qui incarne vos valeurs ou que vous êtes en situation de deuil anticipé parce que vous vous préparez à voter pour le moins pire.

Peut-être que vous vivez ces municipales dans la ville qui vous a vu grandir, dans une ville qui est nouvelle pour vous ou dans une ville qui est devenue votre chez-vous depuis un moment.

Ces cercles seront l’occasion de faire de la place à la diversité de nos vécus, autour de nos valeurs communes anti-fascistes et anti-racistes.

J’ai vraiment hâte de vous y retrouver!

Écrivez-moi en MP sur insta ou par mail à ceciletresfels@gmail.com pour recevoir le lien d’inscription et n’hésitez pas à partager l’info aux personnes de votre entourage qui en auraient besoin!

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Extra-care pour l’entre-deux tours:

Pendant la semaine d’entre-deux tours à la temporalité si particulière et aux émotions si intenses, vous pourrez donc participer au cercle de soutien électoral le lundi 16 mars de 20h à 21h30 (écrivez-moi pour recevoir le lien d’inscription).

Et on a la chance d’avoir une autre proposition soutenante pour y faire face ensemble!Le vendredi 20 mars, jour de l’équinoxe, de 14h à 16h, Clémence Petit, accompagnante systémique, nous invite à un Espace de partage engagé qui aura pour thème “Dés/espérer et rêver.” Un thème qui sera on ne peut plus d’actualité lors de cet entre-deux tours. J’y serai et je vous invite à nous y rejoindre!

Texte en bleu foncé, vert clair et noir, sur fonds bleu ciel, vert foncé et vert clair dégradé: un espace de soin collectif pour s’empuissancer, nous déposer et nous écouter vraiment soi-même et les unes les autres, nous ouvrir à d’autres vécus et ressentir ce qui résonner pour nous et ce qui nous singularise, explorer les dimensions systémiques et politiques de nos vécus, faire de la place à nos rêves, un espace de tendresse radicale pour faire communauté, Clémence Petit, accompagnement systémique et soin collectif

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Après les résultats: faire de la place à ce qui émerge

Lundi 23 mars, 20h: Dernier cercle de soin électoral du mois de mars (écrivez-moi pour recevoir le lien d’inscription)

Vendredi 27 mars, 14h30: Cercle Résistances Joyeuses, facilité par Clémence Petit

Mardi 31 mars, 19h: La Rivière, cercle de deuil collectif et de soin créatif engagé: accueillir nos peines collectives, ressourcer nos luttes et nos rêves.

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Au-delà des municipales: habiter une autre temporalité

“The times are urgent, let’s slow down.”

(”Il y a urgence, ralentissons.”)

Báyò Akómoláfé

Je vous en parlerai plus au fil des prochaines semaines mais je vous invite dès à présent à habiter une temporalité qui se déploie lentement mais sûrement en parallèle de la temporalité urgente des périodes électorales, une temporalité qui envisage le changement social sur le temps (très) long: la temporalité de l’atelier-soin “s’enraciner, résister, rêver.

Photo d’une jeune pousse vert clair d’iris des marais éclairée par un soleil de presque printemps et qui surgit en bordure de mare entre des feuilles de chêne marron

“S’enraciner, résister,” rêver, c’est un atelier-soin que j’ai créé pour s’entraider à faire forêt face aux tempêtes collectives qu’on traverse.

Je l’ai conçu avec l’aide des arbres comme un remède aux sentiments d’urgence, d’isolement et d’épuisement générés par les systèmes contre lesquels nous luttons, pour nous (re)connecter à ce qui nous soutient, à la puissance du collectif, à l’énergie de nos valeurs et à la magie de notre créativité et de notre imagination.

Dans “S’enraciner, résister, rêver” on explore l’écosystème qui anime vos engagements et vos rêves avec 4 modules:

-branches (cartographier l’écosystème de nos inspirations présentes)

-racines (renouer avec l’ancestralité de nos luttes et de nos rêves)

-terreau (identifier les valeurs qui nous animent et qu’on souhaite cultiver)

-forêt (trouver sa place dans l’écosystème du changement social, conscientiser la dimension inter-générationnelle du changement social)

Vous repartirez de l’atelier avec une représentation arborée de cet écosystème de soutien, qui vous servira de point d’ancrage régénérant pour vous guider et vous ressourcer au-delà du programme.

La grande nouveauté de cette année c’est que l’atelier est désormais disponible en 4 formats différents et à différents tarifs: un accompagnement collectif sur un mois, un atelier de 2h30, des modules vidéo pour une étude indépendante, un carnet digital introspectif et créatif.

J’ai vraiment hâte de faire forêt avec vous au fil des ces sentiers arborés!

Voilà pour le programme de soin spécial municipales, avant, pendant, après et au-delà des élections: vous voyez que vous avez l’embarras du choix!

J’ai vraiment hâte de vous y retrouver.

Et maintenant je voudrais vous parler d’une plante qui me tient particulièrement à cœur et que j’aimerais inviter comme guide pour les semaines à venir.

3-Mon symbole de soutien pour cette période de deuil et de renouveau : l’ajonc

L’équinoxe de printemps est parfois appelé “jour de l’ajonc” (à ne pas confondre avec le jour de l’ajonc qui était le 16 frimaire dans le calendrier républicain, c’est-à-dire le 6 décembre dans notre calendrier grégorien).

Et en effet, là où je vis, de le Sud-Ouest de la France hexagonale, même si la floraison a commencé depuis l’automne, c’est en ce moment qu’on voit vraiment se déployer sous les pins et le bord des routes le jaune éclatant qui caractérise ces arbustes épineux.

Photo en contre-plongée d’une branche d’un arbuste d’ajonc épineux à fleurs jaunes qui se déploie devant un ciel bleu avec deux mini nuages qui l’encadrent

Élu fleur-emblème de la Bretagne en 2016, l’ajonc aux fleurs d’or est considéré comme ayant de nombreuses vertus. Auparavant, ses branches broyées servaient de fourrage au bétail, son bois très inflammable servait aux boulangers pour allumer les fours et sa cendre permettait d’enrichir la terre.

Ses épines donnent à cet arbuste des vertus protectrices, il peut servir de haie, et il abrite aussi la fauvette pitchou, qui y fait son nid. Ses fleurs mellifères attirent de nombreuses abeilles. Il enrichit aussi le sol en azote, favorisant ainsi l’implantation de certains arbres. L’élixir de sa fleur est présenté comme pouvant aider à reprendre espoir quand tout semble perdu.

Lors de mes promenades, le retrouver me remplit de joie. Je suis fascinée par le contraste entre le jaune foncé des fleurs et le vert foncé des épines, et entre la délicatesse vulnérable des fleurs et la dureté protectrice des épines, auxquels mes vêtements se sont bien souvent accrochés. Ce que j’aime chez l’ajonc, sans surprise, ce sont les contrastes qu’il contient et qui co-existent en lui.

Photo en gros plan d’un branche d’ajonc épineuse chargée de bourgeons velus

Son histoire aussi est contrastée, et s’inscrit dans des dynamiques coloniales dont les effets sont encore bien présents aujourd’hui. Je vis aujourd’hui dans le Sud-Ouest de la France hexagonale mais je suis née et j’ai passé la plus grande partie de ma vie à la Réunion. L’ajonc y est présent aussi, mais d’une toute autre manière.

Il a été importé dès 1825 et a été utilisé à partir des années 1850 pour servir de fourrage et former des haies pour parquer le bétail dans les hauts de l’île, à la Plaine des Cafres. Il s’est ensuite répandu dans le Massif du Maïdo, pour de nombreuses raisons, possiblement la constitution d’obstacles au déplacement des habitants du Cirque de Mafate, notamment les esclaves marrons qui s’y étaient réfugiés (voir Nathalie Udo, Catherine Darrot, Michèle Tarayre and Anne Atlan, “Histoire humaine et naturelle d’une invasion biologique”, Revue d’ethnoécologie, 9, 2016).

Il constitue aujourd’hui une espèce exotique envahissante qui empêche le développement de la faune endémique, notamment les fleurs jaunes des hauts ou l’ambaville.

Photo en gros plan d’une fleur jaune de la Réunion dans laque butine une abeille

Depuis l’incendie qui a ravagé le Maïdo de 2020 à 2021, les ajoncs ont énormément proliféré et rendent encore plus difficile la repousse des espèces locales. En effet c’est une espèce pyrophile: elle favorise les incendies, et en retour, sa germination est favorisée par le feu, qui accélère sa régénération.

Des chantiers participatifs ont été organisés pour lutter contre sa prolifération tenace, mais ses racines pivots profondes et ses épines rendent la tâche difficile.

Des pistes pour le re-valoriser en retrouvant ses usages traditionnels en Europe de combustible, d’engrais ou de nourriture pour le bétail sont aussi explorées.

Photo d’un groupe de personnes munies de sécateurs coupant les ajoncs lors d’un chantier participatif au Massif du Maïdo à la Réunion. Les personnes sont penchées, entourées de buissons d’ajoncs et portent des chapeaux et des gants

Et la Réunion n’est pas le seul endroit où l’ajonc d’Europe a été importé. Il a été introduit dans de nombreuses colonies européennes, à la fois pour être utilisé dans les activités agricoles, mais aussi pour la valeur patrimoniale, culturelle et affective qu’il avait dans certaines régions de France et d’Europe (voir l’article de Udo Nathalie. “Quels sont les facteurs naturels et humains conduisant au statut public d’espèce invasive ? Le cas de l’ajonc d’Europe sur l’île de La Réunion.” In: Le Journal de botanique, n°79, 2017. Septembre. pp. 37-51).

À cause de cette dissémination impériale il fait partie aujourd’hui des 100 espèces les plus invasives du monde.

Symbole d’espoir là où je vis, et de désespoir là où j’ai grandi, l’ajonc m’aide à ressentir toute la complexité de ce moment collectif que nous traversons.

La co-existence des petites fleurs et des épines m’aide à envisager la vulnérabilité comme une force et à penser ensemble le soin et la lutte.

Son histoire territoriale et coloniale m’aide à penser, à la veille des municipales qui sont des élections ancrées dans le local, mon rapport intime et politique aux lieux qui m’ont vue grandir et ceux où je continue à grandir aujourd’hui.

Et pour tout ça je le remercie!

Et vous? Est-ce que vous connaissez l’ajonc?

Est-ce qu’il pousse là où vous vivez ou là où vous avez vécu?

Quelles sont les plantes que vous fréquentez au quotidien et quelles sont celles qui pourraient vous apporter du soutien en cette période printanière pré-électorale?

Photo en gros plan d'une branche d'ajonc épineuse recouverte de fleurs jaunes et de bourgeons velus, à contre-jour avec le soleil en face et une eau qui miroite à l'arrière plan

Je vous remercie pour votre attention, votre lecture ou votre écoute, je vous envoie plein de soutien pour le reste de ce mois de février et vous dis à très bientôt pour cultiver des connexions réparatrices ensemble!

La newsletter dans la newsletter: cultiver la solidarité pandémique

Printemps et santé communautaire

Comme vous le savez si vous lisez cette newsletter depuis un moment déjà: il y a une mini-newsletter dans la newsletter! (comme si mes newsletters n’étaient pas déjà assez longues comme ça lol).

Je consacre en effet cette rubrique bonus à parler d’un sujet dont on ne parle plus depuis bien longtemps, ou en tout cas au passé: la pandémie de covid, malheureusement toujours en cours aujourd’hui, qui continue à handicaper massivement nos proches et camarades via ses effets neuro-vasculaires à long terme sur l’organisme aka le covid long.

La solidarité pandémique, ou auto-défense sanitaire, est une de mes spécialisations en tant qu’accompagnante-chercheuse engagée, et je vous raconte ici comment ça vient enrichir mon approche et les espaces que je vous propose, quel que soit votre positionnement sur le sujet.

Screenshot de mon site web. Texte en noir sur fond bleu clair: Mon expertise bonus atypique que tu ne verras (pour l’instant) pas partout. Attention, ce qui va suivre risque de te surprendre. Au-dessus, une illustration de Jonathan Y. Eden: on y voit 5 personnes au planétarium, assises et portant des masques de formes et couleurs différentes avec des habits d’été: un homme trans Noir qui utilise un fauteuil électrique, une femme Afro-Latina amputée d’un bras, un personne autiste Noire qui tient un fidget-toy en forme d’étoile, une personne asiatique femme au handicap invisible et une personne multi-raciale qui utilise un scooter pour les personnes à mobilité réduite. Les ´toils brillent au dessus d’elleux et une douce lumière mauve les environne, accompagnée du son d’un purificateur d’air. Un symbole pour accessibilité fauteuil roulant se trouve sur le sol près du scooter.

Cette illustration qui accompagne cette présentation sur mon site a été réalisée par Jonathan Y. Eden et provient de la fantastique collection d’images libres de droit de Disabled and Here.

Dans cette première newsletter de 2026 je voulais partager deux évènements qui mettent en place des pratiques de réduction des risques covid dans leur organisation, et qui proposent également des ateliers sur le sujet.

Le jeudi 19 février à partir de 18h30 à Paris, l’observatoire féministe des violences médicales (Obsmed) organise une soirée dédiée à l’auto-défense médicale. Le collectif Winslow Santé Publique participera à la table ronde pour parler santé communautaire, covid long et anti-validisme.

Programme d’évènement. Titre en noir sur fond big clair: Évènement auto-défense médicale. Bandeau bleu avec texte en blanc: accessibilité en LSF-FR. Forme en cercle étoilé rose foncé et texte noir: Jeudi 19.02, 18h30. Texte en noir et bleu: Table ronde, Gras politique: lutter contre la grossophobie; Sang-Tabou: manuel de santé du groupe de femmes de la maison e santé d’Ivry-Port; Cancer Colère: politisation du cancer et de la violence chimique; Winslow Santé Publique: santé communautaire covid long et anti-validisme. En dessous: À la Cite Audacieuse Paris, et les logos des Audacieuses café et de l’obsmed.

Du 20 au 22 février, à la Parole Errante à Montreuil, aura lieu la 7e édition du festival Les Digitales, santé communautaire et soin autonome, “pour comprendre un peu mieux les mécanismes de la dépossession médicale et mettre en avant les moyens de luttes à notre disposition.”

Le samedi 21, 11h-13h, l’ARRA (asso pour la réduction des risques aéroportés) et Winslow Santé Publique proposeront un atelier: Autodéfense sanitaire et risques aéroportés: Penser la réduction des risques face au covid où iels développeront quels sont les enjeux sanitaires que le covid posent à nous toustes et quelles mesures de réductions des risques peuvent être mises en place dans une perspective anti-validiste. Le dimanche 22, 11h-13h, l’ARRA proposera aussi un atelier: Comprendre et construire un purificateur d’air.

Hâte d’y assister mais aussi de découvrir les autres évènements du festival!

Affiche de la 7e édition du festival Les Digitales. Dans les tons rose et mauve: illustration des facades intérieures d’un immeuble avec deux personnes à deux fenêtres, dont une où se déploie une banderole hôpital occupé, une personne qui descend du toit en rappel et une autre sur le toit avec un pancarte, au premier plan à gauche des fleurs se déploient vers le haut avec un camion en mouvement à leur base. Le texte suivant, écrit en rose foncé, est réparti dans les différents angles de l’affiche: week-end d’écologies politiques du 20 au 22 février 2026 à la Parole Errante; Dépossession médicale, riposte autonome: reprendre le pouvoir sur nos santés. Les Digitales 7, santé communautaire et autonome! En bas à gauche: un petit logo avec un masque blanc ffp2 sur fond rose.

Merci infiniment pour votre lecture ou votre écoute, je vous dis à bientôt pour continuer à cultiver la solidarité pandémique ensemble en 2026!

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