Hello!

Je suis Cécile (elle), accompagnante-chercheuse radicalement sensible. 

J'ai en permanence le cœur brisé ET émerveillé par le monde dans lequel on vit. J’ai longtemps cru que c’était problématique d’être dans cet entre-deux permanent. Aujourd’hui j’envisage ces deux émotions, le deuil et l’émerveillement, comme complémentaires et comme de précieuses alliées pour naviguer le monde. Et j'en ai fait le cœur de mes accompagnements!

On m'a souvent dit que j'étais "trop sensible," que "je me prenais trop la tête," "que je "me posais trop de questions" ou que j'étais "trop radicale." Après avoir mieux compris d'où venaient ces remarques normatives, j'ai décidé d'accompagner avec soin les personnes à qui on dit la même chose, pour qu'elles puissent pleinement incarner leur "trop"!

 Ma passion: les relations (à nous, aux autres, au monde, au passé & au futur) et les émotions qui les accompagnent. Ce qui m'anime: comprendre comment le monde dans lequel on vit les impacte, pour apprendre à cultiver le monde qu'on veut grâce à elles.

Je crois en la possibilité de faire émerger les futurs dont on rêve à travers chaque petit geste quotidien.

"Small is good, small is all (the large is a reflection of the small)"

adrienne maree brown, Emergent Strategy, 2017

Les mots pour décrire mon approche, offerts par les personnes que j'ai accompagnées

SOUTIEN - INSPIRANT - UNIQUE - CONNEXION - SENSIBLE - VIVANT - FOURMILLANT - (É)MOUVANT - PRÉCIEUX - PROFOND - ENRACINÉ - TRANSFORMATION - ÉMERVEILLEMENT - LENTEUR - DEUIL - RÉSISTANCE - MULTI-FACETTE - DOUCEUR - SITUÉ - LUDIQUE - INTROSPECTIF - EXPANSIF - BRÈCHES - RITUELS - SUBTILITÉ - RASSURANT - PÉPITE - CRÉATIVITÉ - SOLIDARITÉ - AUTHENTICITÉ - LIBÉRATEUR - ENGAGEMENT - MUSIQUE - LIENS - NOURRICIER

"When did you begin to put the pieces back together? Perhaps when you put the pieces back together you are putting yourself back together."

Sara Ahmed, Living a Feminist Life, 2017

Mon parcours: formations, dé-formations, re-formations

Voici un aperçu de mon parcours, dont les détours, les évolutions et les déplacements constituent le terreau des accompagnements que je propose aujourd'hui. Si tu souhaites en savoir plus, j'en développe différents aspects dans les descriptions de chaque atelier, dans ma newsletter mensuelle écrite et audio, et au fil de mes partages sur les réseaux.

Racines: apprendre d’où on vient pour savoir où on va

Je suis une femme blanche, descendante d'ancêtres italiens, français et espagnols. Leur histoire est faite de migrations multiples liées à l'histoire coloniale européenne, notamment au Maroc et à l'île de la Réunion. Je suis née et j'ai passé la plus grande partie de ma vie à la Réunion. Je l'ai quittée à 25 ans, mais cette île, la relation évolutive que j’entretiens avec elle, ses habitant'es, son histoire, la manière dont elle m'a formée et ce qu'elle m'a transmis, continuent à habiter tout mon être et toutes mes propositions d’accompagnement aujourd'hui. 

J'ai aussi vécu 2 ans à Paris, et 8 ans aux États-Unis en terre Ohlone (Californie du Nord) et Stockbridge-Munsee Band of Mohican (Massachusetts). Je vis aujourd'hui en France hexagonale, en Gironde, région familiale et familière que je fréquente depuis que je suis enfant et que j'apprends à connaître différemment aujourd'hui, en explorant son histoire en même temps que celle de mes ancêtres. 

Tous ces lieux et ces histoires sont connectées pour moi par l’eau, celle de l’océan, mais aussi des rivières, des bassins, des cascades et des lacs. Elle est depuis toujours une des relations les plus importantes de ma vie, et ma partenaire d’apprentissage, de transition, de deuil, d’émerveillement, de changement et de transmission.

Ce que ça veut dire pour les espaces que je vous propose aujourd’hui: 

Je suis passionnée par nos relations intimes aux lieux qu'on habite, ceux qu'on a quittés et ceux que d'autres ont habités avant nous.

Et j'étudie depuis plusieurs années l'histoire coloniale qui est la toile de fond des nombreux déracinements et ré-enracinements dont nous portons l'héritage aujourd'hui.

Dans les espaces que je propose, je vous aide à accorder une attention sensible aux lieux de votre vie, aux dynamiques inter-générationnelles qui les animent et aux histoires collectives qui les imprègnent, pour relationner avec ces écosystèmes de manière plus juste, alignée, réparatrice et nourricière.

Prof-chercheuse engagée: apprendre à désapprendre

Après le bac, parce que j'aimais lire pour essayer de comprendre les émotions qui m'animaient (et aussi parce que mon contexte socio-culturel et mon parcours scolaire le permettaient) je me suis embarquée dans le parcours de "bonne élève" à la française (classe prépa pour le concours de l’ENS, master lettres modernes, préparation de l’agrégation). J’ai quitté ce système universitaire français en 2010, traumatisée par des méthodes d'apprentissage qui normalisent l'épuisement, l'accumulation sans but d'un savoir purement esthétique et normé, et l'élitisme de ces formations. 

Après avoir travaillé pendant deux ans dans l'évènementiel à la Réunion, et commencé une thérapie, j'ai repris une voie universitaire aux États-Unis (j'avais déjà eu la chance de passer la 2e année de mon master en échange à Chicago), où les spécialisations sont moins rigides qu'en France, et où une part plus grande est accordée à l'enseignement et la pédagogie. De 2013 à 2021, j'ai enseigné le français et la littérature française du 16e siècle à Stanford pendant mon doctorat, puis à Williams College où j’ai obtenu un poste de professeure.

C'est au sein de ces institutions, et souvent contre elles, que je me suis politisée et formée à ce qui constitue le terreau de mes propositions actuelles, grâce aux enseignements précieux des féministes Noires sur les savoirs situés, des chercheur’euses, artistes et activistes Autochtones, des études sur le genre, la justice du handicap, et la théorie critique de la race, mais aussi grâce au soutien précieux de collègues et d'ami'es. 

J’ai appris à radicalement modifier ma posture de chercheuse et d’historienne mais aussi à développer des pratiques pédagogiques anti-oppressives à visée émancipatrice.

À travers de nombreuses collaborations avec des collègues-ami’es et les étudiant’es, on a mis en place des matériaux pédagogiques queer et trans-affirmatifs, et des curriculums de grammaire non-binaire dans les départements de français où j'enseignais. On a montré comment la grossophobie et le validisme ne sont pas seulement présents dans les manuels de langue mais sont intrinsèquement liés à l'enseignement de la grammaire française; et on a aussi travaillé à dénoncer les aspects structurellement racistes de l'enseignement du français (eh oui, une vraie "wokiste").

J’ai beaucoup de gratitude pour ce travail d’équipe et je suis fière des alternatives que nous avons proposées, et de ces graines que nous avons semées pour changer les approches, les contenus et les méthodes d'enseignement, en présentiel ou en ligne. 

Mais, plus j’ai identifié mes valeurs et essayé de les incarner, plus je me suis rendue compte que ce système était décidément trop difficile à naviguer pour moi.

Au fil des années, j’ai découvert le fonctionnement structurel de ces institutions qui produisent à la fois du savoir et des oppressions, qui normalisent l’épuisement et défendent les agresseurs, ou qui encouragent à “cultiver l’ouverture d’esprit” mais punissent si on le fait de manière trop radicale. En 2021, pendant la 2e année de la pandémie, j'ai pris la décision difficile de démissionner, en plein burn-out mais aussi portée par la clarté qui avait émergé de ces années d'apprentissage, et plus consciente de mes besoins, de mes limites et de mes valeurs. 

Ce que ça veut dire pour les espaces que je vous propose aujourd’hui: 

Ensemble, on apprend à redéfinir et à guérir notre rapport à l'apprentissage.

Je vous invite à tenir compte de vos corps, de vos émotions, de vos traumas, de vos contextes, de vos capacités, et de vos besoins. Je propose des activités variées, ludiques, créatives, et introspectives, que chaque personne peut adapter pour mieux comprendre son fonctionnement et ses préférences, et cultiver son agentivité.

Je considère désormais l'apprentissage et le soin comme indissociables. 

J’apporte aussi dans les espaces que j'anime mes compétences de chercheuse engagée: ensemble, en partant de vos contextes et de vos propres questionnements, on s'interroge sur les mots qu'on utilise, l'histoire des savoirs, des lieux et des usages, les dynamiques de pouvoir qui structurent nos environnements, et les racines des systèmes dans lesquels on évoluent.

On cultive une curiosité sensible et engagée pour nourrir nos valeurs et le futur qu’on souhaite faire grandir. 

Accompagnante-chercheuse radicalement sensible: prendre soin

C'est aussi pendant ces années aux États-Unis que j’ai prolongé mon parcours de soin, d’abord avec le soutien d’un thérapeute, puis avec l’aide d’une coach qui m’a accompagnée à naviguer d’importantes transformations. À ces accompagnements individuels, se sont ajoutés des espaces de soin et de formation collectifs variés, ainsi que de nombreuses lectures, podcasts, et apprentissages en ligne via les réseaux.

Neuro-divergences, traumas individuels et systémiques, trauma complexe et trauma idéologique, consentement, besoins, limites, valeurs, dynamiques relationnelles, systèmes internes et externes, soin communautaire: tout un monde s'est ouvert à moi pour ré-apprendre à me connaître et à comprendre ma place dans le monde, en même temps que je découvrais le fonctionnement et l'histoire de ce que bell hooks a nommé “the white supremacist capitalist patriarchy." 

Mon expérience thérapeutique personnelle a donc été nourrie par mon apprentissage politique, et mon apprentissage politique des systèmes dans lesquels on vit a été nourri par mon propre cheminement de compréhension de mes expériences personnelles.

Ce double mouvement de soin et de politisation a fait que je me suis progressivement dirigée vers des personnes et des collectifs qui envisagent l'interdépendance du soin individuel et du soin collectif. Qui politisent le soin et les pratiques thérapeutiques, et qui apportent du soin dans les milieux militants.

Ces dernières années, j'ai eu la chance de suivre les formations des personnes et des collectifs suivants, en anglais et en français, qui m’ont appris à envisager le soin et nos relations à nous, aux autres et au monde de manière incarnée, décoloniale, queer, anti-capitaliste, dépatriarcale et anti-validiste:

-Ericka Hart, éducateurice à la sexualité, activiste, conférencière (2018-2020: Atelier The anti-Black origins of sexual violence in the US; Webinaires: Racial and Social Justice 101: Deepen your practices toward centering those who navigate society from its margins + Gender 101: Explore the underpinnings of gender using a queer, anti-racist, consent and pleasure based lens)

-Dr. Rocío Rosales Meza, enseignante, thérapeute et medicine-woman; explorer la dimension psychologique, émotionnelle, ancestrale et spirituelle de la colonialité et de la blanchité (Mars 2021: Formation Unlearning the white colonial mind; Mai 2021-Février 2022: Formation Decolonial Accomplice Journey)

-Resmaa Menakem, thérapeute et specialiste du trauma racial, auteur du livre Les mains de ma grand-mère: Guérir nos cœurs et nos corps du trauma racial (Novembre 2021: Formation Foundations in Somatic Abolitionism: Embodied anti-racist practice and process of culture building)

-Marika Heinrichs, writer, researcher, and practitioner of somatics (Juillet 2021: Cycle d'ateliers Slow Bloom: The medicine of moving through change together: collective grief, centered accountability, envisioning the future; Avril 2022: Atelier Grounding in Grief: interrupting overwhelm with embodiment and ritual, Crisis as Catalyst Course Series, organisé par IDHA NYC, co-facilité avec Camille Sapara Barton)

-Layla F. Saad, créatrice du “Good Ancestor Podcast” et autrice du cahier d’activités Moi et la suprématie blanche (Février 2023: Formation Claim Your Space: Foundations for Change-Making)

-The School of Consent, créée par Betty Martin autour de l’outil “La roue du consentement: l’art de recevoir et de donner” (Mars-Avril 2023: Introduction to the Wheel of Consent, 6 semaines de formation avec Max Pearl and Sasha Landon)

-Selma Sardouk, coach décoloniale (2022-2024: Atelier Décolonise ton test d’esprit; Sororité Lïna: espace de déconstruction, de guérison collective et de développement personnel; Masterclasses: Trauma, trauma systémiques et sociaux, trauma racial; Soin communautaire; Mes besoins et ceux des autres; Atelier S’autoriser à rêver et Sororité Lïna 2023: le sentiment d’appartenance, co-facilités avec Tobi Ayé; Masterclass Pros du soin contre le capital co-facilitée avec Anne Favier; Conférence: Comprendre le trauma colonial: expériences en Palestine avec Dr. Samah Jabr)

-Elena Solano, clinical social worker, psychotherapist, visual artist, embodiment practitioner and creative consultant (2023-2025: Feeling and Dealing Support Group; The Grief Room: deepening into practices & rituals of artful re-generation through compound crises; The Symbolic Lab: Arts Based Research as Collaborative Practice, co-facilitated with Shea in the Catskills)

-Martha Crawford, ex-psychothérapeute, facilitatrice de groupes et d’ateliers pour cultiver des psychologies de la libération (2023-2025, The Group Group: building community groups for community resilience; Liberation Psychology Reading Group; Return to the Root, online retreat, focused on community care, locating collective strengths, and examining our cultural premises; Gathered Meeting Project Facilitation Team: creating a network of gathered meeting to support helpers and activists)

Ce que ça veut dire pour les espaces que je vous propose aujourd’hui: 

Je co-construis avec vous des espaces de soin engagés, où on prend soin de soi et du monde, et où on s'entraide à cultiver l'interdépendance de l'individuel et du collectif.

Les contenus que je vous présente sont des points de départ pour générer des questions et cultiver des pratiques incarnées, en lien à la fois avec votre quotidien et le monde dans lequel on vit.

Lorsque vous participez à mes espaces: je vous propose des activités variées pour affiner et nuancer votre connaissance de vous-mêmes et de votre écosystème relationnel; conscientiser vos besoins, vos limites et vos valeurs; développer votre créativité; et multiplier le champ des possibles dans votre vie.

Au cœur de toutes mes propositions, il y a le désir de cultiver l'agentivité et le soin de toustes, en tenant compte des systèmes dans lesquels on vit et en imaginant ensemble des alternatives à ces systèmes. 

"Who is this for? Have you noticed who is NOT here? Start asking in all the places you occupy and take up: who is this for?"

Ericka Hart, speech at the Women's March on Philadelphia on January 21, 2017

La mini-mare et moi

Mon écosystème d'apprentissage et ma vision des relations

Il me semblait important de mentionner la mini-mare dans cette présentation étant donné que tu la verras très souvent dans ma com, parsemée de grenouilles, de limnées et de libellules. J'ai construit cette mini-mare dans un coin du jardin de mes parents au printemps 2023, alors que je me remettais d'un burn-out, d'un déménagement et d'une démission, et quelques mois avant de lancer mon entreprise d'accompagnement.

La création de cette mare est le fruit de longues années de guérison, d'apprentissage, de politisation (et des circonstances matérielles qui me donnaient accès à un jardin). Elle m'a été inspirée par les apprentissages en relationalité décoloniale que j'ai reçus de Robin Wall Kimmerer, Alexis Pauline Gumbs, adrienne maree brown, Layla F. Saad, Kim Tallbear, Sherronda J. Brown, Octavia E. Butler, Kai Cheng Thom, Rowen White, Isis Labeau-Caberia, Laura Nsafou, la doctoresse Rocío Rosales Meza, Elena Solano et bien d'autres personnes dont les enseignements peuplent ce mini-écosystème.

Mais aussi par toustes les thérapeutes, coachs, artistes, activistes, collègues, ami'es, proches, et les êtres non-humains (oiseaux, anémones, méduses) rencontré'es au fil des dernières années, qui m'ont appris qu'il était possible de refaire connaissance avec soi, les autres et le monde dans lequel on vit, et d'agrandir nos imaginaires relationnels, hors des normes imposées.

J'apprends chaque jour de ce mini-écosystème où règne abondance et interdépendance. Iel anime ma vision pour tous les espaces que je crée et où nous nous rencontrons.

Illustration of five BIPOC friends enjoying a planetarium show together, all sitting and wearing a variety of masks and colorful summer outfits. In the group: a Black trans man using a power wheelchair, an Afro-Latina woman who’s an arm amputee, a Black Autistic person holding a star-shaped fidget, an invisibly disabled Asian femme, and a multiracial person using a mobility scooter. Stars twinkle in the overhead dome as soft purple light fills the room and an air purifier hums in the background. A wheelchair access symbol can be seen beneath the mobility scooter.

Mon expertise bonus atypique que tu ne verras (pour l'instant) pas partout

Attention, ce qui va suivre risque de te surprendre!

Je parle du covid au présent et pas au passé et tu me verras souvent avec un masque FFP2 dans mes stories insta ou si on se voit en personne. Je t'en dis un peu plus ci-dessous, et je t'explique ce que ça ajoute à mes accompagnements et mon approche, et en quoi ça te sera bénéfique quel que soit ton positionnement sur le sujet !

Cette illustration a été réalisée par Jonathan Y. Eden et provient de la fantastique collection d'images libres de droit de Disabled and Here.

Un "évènement handicapant de masse"

En décembre 2020, la disability justice activist Noire-américaine Imani Barbarin (IG: @crutches_and_spice) déclarait dans une vidéo tiktok devenue une référence aujourd’hui: "Le covid est un évènement handicapant de masse (a mass disabling event). Cette société n’est pas du tout préparée pour ça." D'autant plus qu'il advient au sein des systèmes déjà handicapants et précarisants que sont le racisme et le capitalisme.

5 ans plus tard, on parle de la pandémie au passé, alors que les recherches sur la covid ne cessent de confirmer sa gravité. En effet, le covid est une maladie neuro-vasculaire, et chaque infection répétée impacte lourdement notre système immunitaire et la totalité de notre organisme, et nous expose toustes (qui que soit notre âge et notre état de santé) au développement d'un covid long, c'est-à-dire un faisceau de conditions chroniques qui peuvent être extrêmement handicapantes, comme par exemple l'encéphalomyélite myalgique (EM). Les effets à long terme incluent aussi des thromboses et des arrêts cardiaques. 

Non seulement le covid circule toujours et toute l'année, mais ses effets post-viraux, continuent à handicaper chaque jour nos proches et nos camarades, et à précariser encore plus les personnes déjà précarisées par les systèmes dans lesquels on vit. Tout ça alors que le gouvernement propose dans le même temps de réduire les aides aux personnes malades chroniques et handicapées, de stigmatiser les arrêts de travail, de démanteler les services de santé publique, et de faciliter l'aide à mourir plutôt que l'aide à vivre. 

La tâche est immense pour à la fois processer les traumas collectifs vécus pendant les deux premières années de la pandémie, et créer ensemble des solidarités pandémiques alignées avec nos valeurs, mais il existe plein de possibilités d’action individuelles et collectives pour pratiquer la prévention, l’éducation et le soin, comprendre les enjeux politiques du déni pandémiques, et apprendre ensemble à “vivre avec” ce virus de manière réaliste et solidaire sans nier sa gravité. 

Cultiver des solidarités pandémiques

La solidarité pandémique est une de mes spécialités d'accompagnante-chercheuse engagée (le terme a été créé par le collectif Pandemic Solidarity for the Long Future), en France on parle plutôt d'auto-défense sanitaire.

Ce qui veut dire que je me forme activement sur le lien entre santé et politique, l'histoire des institutions médicales, leur violence et les discriminations qui y règnent, et la gestion politique et historique des scandales sanitaires (comme l'empoisonnement d'État du chlordécone aux Antilles) et des pandémies (le lien entre la grippe espagnole et la montée du fascisme en Europe, l'épidémie de chikungunya à la Réunion où j'ai grandi et sa perception par la France hexagonale, ou encore les archives de la lutte contre l'épidémie de VIH-sida et le démantèlement actuel des financements internationaux vers le Sud global).

Et j'étudie depuis 5 ans le covid, sa transmission, ses effets à long terme sur l'organisme, et surtout les causes et les conséquences systémiques de la construction du narratif de la "fin de la pandémie." .

L'objectif de la solidarité pandémique pour moi: s'entraider sur le long terme à changer la manière dont on envisage collectivement (matériellement, culturellement mais aussi dans nos relations intimes) les pandémies et leurs conséquences, la prévention et la réduction des risques, notamment quand il s'agit de virus aéroportés. Parce qu'une gestion néo-libérale, policière, raciste, validiste et fasciste de la pandémie c'est non, mais faire comme si de rien n'était c'est pas top non plus! :)

Ce que ça ajoute à mes accompagnements

Alors, c'est bien beau tout ça, mais comment est-ce que ça se manifeste dans mes propositions?

1-Si tu es une personne qui pratique aussi la solidarité pandémique et fais face à de l'isolement et du gaslighting: je co-anime tous les premiers mercredis du mois un cercle de soutien en anglais (toutes les infos dans la rubrique en anglais de ce site), et tu peux aussi nous rejoindre sur le discord en français Pandémeet où on organise des moments de partage, de jeu, d'échange, et de soutien, en personne ou en ligne.

2-Si tu souhaites te renseigner sur la solidarité pandémique: je partage des ressources et des initiatives inspirantes tous les mois dans La newsletter dans la newsletter: cultiver la solidarité pandémique, une rubrique bonus à la fin de ma newsletter, et parfois en stories et posts sur insta.

3-Quel que soit ton positionnement sur le sujet, si tu participes à un de mes espaces (ateliers, cercles, accompagnement individuel): la question de l'accessibilité est un sujet essentiel pour moi, et je t'invite à la co-construire ensemble via les formulaires d'inscription et de feedback, et des échanges avant, pendant ou après ta participation.

Dans mon cadre d'accompagnement, je tiens compte de la variation de nos capacités, des maladies chroniques, des handicaps et des burn-outs: c'est pour ça que je propose certains ateliers dans un format asynchrone, et que tout atelier et cercle live contient des temps de pause, alterne différents types d'activité et accueille toute forme de participation (caméra off, silence, écriture dans le chat, réaction par emojis).

J'envisage la santé comme un sujet éminemment politique et serai à l'écoute de la manière dont ça se traduit pour toi au quotidien.

Je suis en apprentissage permanent sur le validisme et l'eugénisme et leur lien avec le racisme, le patriarcat et le capitalisme, guidée par les enseignements des Disability Justice activists et de toutes les personnes concernées. Hâte de continuer à apprendre à tes côtés!