- Jul 15, 2025
Cruel Summer?
- Cecile Tresfels
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Hello!
Dans cette newsletter de juillet parsemée de hits de l'été, de trottoirs brûlants et de créatures aquatiques:
1-je vous partage la relation ambigüe que j'ai avec l'été et vous propose quelques pistes pour explorer votre propre relation à cette saison / cette période de l'année
2-je vous invite aux espaces de soin estivaux que j'ai préparées pour vous, pour vivre l'été au rythme du flot de votre rivière, à l'ombre de vos besoins et hors des sentiers battus
Bonne lecture! (toutes les images sont accompagnées de descriptions en alt-text)
Cette newsletter est aussi disponible en version audio, lue par moi, sur substack. Bonne écoute!
1-cruel summer?
Hot summer streets and the pavements are burning
I sit around
Trying to smile but the air is so heavy and dry
It’s a cruel, (cruel) cruel summer
Leaving me here on my own
It’s a cruel, (cruel) cruel summer
Now you’re gone
You’re not the only one
It’s a cruel
On est en 1998, j'ai 11 ans et la radio passe en boucle la chanson Cruel Summer du groupe pop suédois Ace of Base. J'ai déchiffré les paroles dans le magazine Star Club, pour pouvoir la chanter par cœur.
Je ne savais pas encore que 27 ans plus tard (!!!!) j'écrirai une newsletter sur l'ambiguïté des émotions estivales à partir de cette chanson, mais mon petit cœur qui déborde se reconnaissait déjà dans cette tension entre les injonctions à profiter du soleil ardent et la réalité bien plus complexe de nos sentiments.
Aujourd'hui on est en 2025 et je suis toujours fan. Et je sais un peu plus ce qui fait écho pour moi dans cette repris du titre iconique de Bananarama.
Si vous me suivez depuis un moment vous savez qu'au cœur de ma pratique, il y a la volonté de challenger la binarité des paradigmes émotionnels, relationnels, culturels et de faire de la place à l'entre-deux.
Le premier entre-deux estival estival que j'ai connu est d'ordre géographique, hémisphérique, et aussi le produit de l'histoire coloniale française.
En effet je suis née et j'ai passé la plus grande partie de ma vie à la Réunion, dans l'océan Indien, où les mois "d'été austral" sont décembre, janvier, février et mars. Ces mois les plus chauds constituent la saison humide, caractérisée par les cyclones et les fortes pluies. L'été pour moi c'est donc d'abord le 20 décembre (qui commémore l'abolition de l'esclavage en 1848), Noël, le Nouvel An, les flamboyants, les letchis et les jours d'écoles annulés en février en période de vigilance cyclonique.
Mais c'est aussi l'odeur des pins, le chant des cigales et la fraîcheur de l'océan Atlantique, en juillet-août dans le Sud-Ouest de la France, puisque c'est là où vivent plusieurs membres de ma famille, auxquels on avait la chance de pouvoir rendre souvent visite à ce moment de l'année, avant la rentrée des classes qui a lieu mi-août à la Réunion.
Mais, jusqu'à ma vingtaine, je n'avais jamais connu le printemps ou l'automne, à part dans les livres ou les films, ni les vacances de deux mois et la rentrée en septembre, et du coup l'été "français" était pour moi ce moment à la fois "exotique" et familial, pendant l'hiver austral réunionnais, décorrélé des autres saisons qui l'encadrent.
J'ai donc grandi avec le privilège et les questionnements de ce double-référent estival, entre les deux hémisphères.
Ce qui m'amène du coup à ma première question: c'est quoi l'été pour vous? Une saison? Un climat? Une période de l'année? Les pratiques qui y sont associées? Des liens à des lieux, à des personnes? De la familiarité ou du dépaysement? Des vacances ou du travail?
En plus de cet entre-deux géographique et familial, l'été est pour moi un moment où les entre-deux émotionnels sont exacerbés.
La chanson de Bananarama reprise par Ace of Base nous parle d'une rupture relationnelle, sûrement amoureuse, qui brûle autant que le soleil sur le béton des trottoirs (le clip de 1983 a d'ailleurs été tourné pendant une canicule de 38° à New-York). On retrouve cette co-existence de l'été et du deuil relationnel, de la tristesse, de la mélancolie dans plein d'autres chansons.
Certaines chansons estivales font aussi ressortir les douleurs plus collectives des contextes politiques dans lesquels se déploie l'été, comme la berceuse Summertime (interprétée entre autres par Nina Simone ou Billie Holiday), qui ouvre l'acte I de l'opéra Porgy and Bess qui se déroule en 1920 aux États-Unis dans le contexte des lois Jim Crow de ségrégation raciale.
Est-ce que d'autres chansons vous viennent pour exprimer l'ambigüité de l'été?
Merci à celleux d'entre vous qui m'en ont partagé en réponse à mes stories, n'hésitez pas à m'en envoyer au fil de juilllet-août si d'autres idées vous viennent, ET n'hésitez surtout pas à inclure aussi vos tubes de l'été préférés, ceux qui vous font danser dès les premières notes!
Quant à moi, bien que je sois une fan invétérée des tubes estivaux des années 2000 comme Summer Jam, l'été, vous l'aurez deviné à ce stade de la lecture, n'est pas ma saison préférée, et c'est même une période que j'appréhende émotionnellement et physiquement pour plusieurs raisons.
Physiquement d'abord, car mon corps ne supporte plus la chaleur et perd une grande partie de ses capacités en été. Émotionnellement aussi, parce que je trouve que cette saison peut raviver les doutes existentiels, les souvenirs difficiles, ou les deuils relationnels, et que les absences, les non-dits ou les conflits non résolus prennent une teinte différente sous un ciel bleu intense.
En été, la canicule ou les feux de forêt exacerbent aussi pour moi la conscience des effets tragiques des systèmes extractivistes dans lesquels on vit, les inégalités criantes face à ces effets, et l'angoisse des prochaines années qui nous attendent. Je ressens aussi encore plus de dissonance cognitive face au covid qui continue à circuler toute l'année et à handicaper en masse dans le déni le plus total. Et encore plus de désespoir face aux génocides, aux violences policières et au fascisme qui ne prendront pas de vacances cet été, loin de là.
ET l'été, comme toute saison, amène aussi son lot de joies et de plaisir. J'adore les moments passés dans l'eau à laquelle j'ai le luxe d'avoir accès, les étoiles qui apparaissent au crépuscule dans l'air qui se rafraîchit, le jus des pastèques fraîches qui coule sur les doigts, et les retrouvailles au soleil couchant avec celleux qu'on ne peut pas voir le reste de l'année.
J'aime voir la joie que procure le soleil et cette saison à celleux qui se sentent profondément ressourcés par ce moment de l'année. Je suis aussi profondément admirative des initiatives mises en place par les collectifs et les assos pour créer du lien, de la joie, du soutien et faire naître des projets solidaires et révolutionnaires sous le soleil.
Et, en tant que baby entrepreneure, même si mon CA est encore plus mini l'été que le reste de l'année, j'essaye de de profiter de cet entre-deux temporel pour faire le bilan calmement, traduire, étudier, créer, planifier l'automne ET mettre en place des propositions estivales pro plus flexibles et spontanées qui me font du bien à moi aussi.
Et vous? Comment c'est l'été pour vous? Quelle est votre relation à cette saison et à ce moment de l'année?
Ça tombe bien, Clémence Petit, nous propose un espace spécialement dédié à ces questionnements le lundi 4 août, au cœur de l'été, pour explorer en petit groupe notre relation complexe à cette saison et tout ce qui l'accompagne. J'y serai et j'espère vous y retrouvez pour s'entraider à faire de la place à la multiplicité de nos ressentis, de nos contextes, de nos conditions de vie et de nos besoins!
Cette proposition m'a immédiatement plu parce qu'elle fait écho à quelque chose qui me tient profondément à cœur en tant qu'accompagnante engagée: s'entraider à élargir le spectre des possibilités estivales, challenger ensemble les normes imposées et faire de la place à l'entre-deux dans le paradigme émotionnel, relationnel et culturel de l'été.
C'est pour ça que j'aime énormément le travail de Mara June dont les mèmes (comme celui ci-dessus), les essais et les propositions d'accompagnement sont consacrées à s'entraider à faire de la place à la co-existence d'émotions qu'on présente culturellement comme opposées et ne pouvant cohabiter: joie et deuil, désespoir et émerveillement, plaisir et engagement, etc.
”Cette période de l'année est associée au fait de s'amuser, de socialiser et de se réunir. Trouver de nouveaux rythmes sur lesquels vibrer ensemble de cette manière peut être quelque chose de très beau et joyeux mais cela peut aussi nous submerger et réveiller un deuil profond en lien avec le sujet des relations et de l'appartenance.
Peut-être que l'aspect social de cette saison pourrait nous inciter à imaginer comment faire plus de place à nos deuils et nos peines, normaliser les sentiments de surcharge émotionnelle, dans nos relations aux autres et dans nos espaces communautaires. Comment créer plus d'espace pour nous soutenir alors que nous débordons?
Notre peine en cette saison pourrait nous inciter à sortir nos rivières de leur lit, à déborder les normes qui ne nous sont d'aucune aide ou les attentes univoques sur ce que relationner ou participer à la vie communautaire veut dire au milieu de génocides et d'incitations à faire comme si de rien n'était.
Comment est-ce que cette période de révolte, marquée par des pertes et des violences si insupportables, en plein milieu de cette saison où le soleil et la magie des plantes sont à leur apogée, peut nous aider à cultiver un éventail plus large de manières de faire communauté? Comment pourrait-on osciller entre nos besoins et ceux des autres avec douceur et fermeté?"
-Mara June, essai du 12 juin 2025, A Grief Spell for the Arrival of Summer, Meeting our Thresholds, Becoming Libations, ma traduction.
Pour nous aider à embrasser ces tensions, iel invite les coquelicots, les abeilles, et la carte de l'étoile. Et vous, quel être, symbole, emblème souhaiteriez-vous inviter pour vous accompagner cet été?
En ce qui me concerne j'invite le lièvre de mer (un mollusque déployé en pleine nage sur la photo ci-dessous mais immobile lorsqu'il s'échoue sur le rivage), la grenouille verte et les fleurs de melon, qui m'aident cette année à penser différentes manières d'habiter l'été.
Avec leur soutien, je vous ai concocté plusieurs invitations pour réfléchir à ces questions ensemble et cultiver différentes manières de faire communauté cet été, en faisant de la place à la multiplicité des émotions qui nous habitent.
Hâte de vous y retrouver et de passer un peu de cette saison avec vous!
2-prendre soin des émotions difficiles qui ne prennent pas de vacances : été-soutien avec "coquillages et cœurs brisés"
L'année dernière ma mère m’a dit: "tu veux pas proposer un truc un peu plus léger pour l’été quand même?”
Du coup j'ai créé… “Coquillages et cœurs brisés!” LOL
Un cercle de deuil estival pour honorer, abreuver, hydrater, arroser nos peines individuelles et collectives.
Si toi aussi, malgré le soleil et les tubes de l'été:
-tu as le cœur lourd par rapport à des choses difficiles que tu traverses, émotionnelles, physiques, psychologiques, relationnelles, des peines qui persistent ou émergent, des changements, des renoncements ou des clôtures qui s'accompagnent d'une multiplicité d'émotions
-tu as le cœur brisé par “l’actualité” (c’est-à-dire les manifestations violentes du système néo-libéral, colonial, patriarcal et validiste qui est le nôtre)
alors je t’invite à venir prendre soin de ta tristesse, de ta rage, de ton désespoir, de ta colère, de ton découragement et de toutes les émotions qui t'habitent, le mardi soir en août, de 19h à 20h30, en ligne et en mini-groupe (tu viens quand tu veux/peux, une fois seulement ou tous les mardis, il n'y a aucune obligation).
J'envisage le deuil selon un spectre large et le définit de cette manière:
Deuil (grief): émotions et sensations causées par les pertes et les changements vécus au niveau individuel, collectif et systémique.
Ces changements peuvent être ponctuels ou continus.
L'expression de ces émotions et leur ressenti peut prendre plein de formes différentes.
Comme vous l'aurez compris vu le thème de cette newsletter lol je trouve difficile les injonctions à la joie et à la détente en été. Ça crée beaucoup de dissonance cognitive chez moi. À l’inverse, quand je prends le temps avec d’autres d’honorer ce qu’on traverse collectivement et de ne pas faire comme si de rien n’était, ça me fait beaucoup de bien. Deuil et joie, qu’on a tendance à opposer, fonctionnent toujours ensemble pour moi.
C’est bien sûr différent pour chaque personne, en fonction de nos identités et de nos contextes. Pour certain·es ça peut être essentiel de justement se déconnecter du deuil ressenti le reste de l’année, en profitant à fond de cette période estivale avec d’autres formes de soin. Pour d’autres, le focus sera peut-être sur les actions militantes et l’organisation collective, pour métaboliser ces émotions de deuil. À toi de voir ce dont tu as besoin en ce mois d’août.
Mais si tu veux faire un peu de tout ça ET prendre 1h30 le mardi pour honorer et faire circuler les émotions intenses qui te traversent, tu es lae bienvenu·e!
Comme pour La Rivière, le cercle de deuil collectif mensuel que je propose à l'année, ces cercles estivaux sont des rituels de soin créatif, où on alterne moments introspectifs, moments créatifs et moments de partage (toutes les modalités de participation sont les bienvenues: caméra on ou off, expression orale, dans le chat ou en silence), et où je vous présente les personnes qui me guident dans mon apprentissage du deuil comme pratique collective engagée.
Une des ces personnes est Malkia Devich-Cyril. Activiste du deuil, iel a fondé Radical Loss, un collectif qui centre les personnes Noires et qui a pour but de transformer le deuil collectif en joie, action et pouvoir collectif.
La citation ci-dessous est ma traduction d'un extrait de son essai Grief Belongs in Social Movements. Can We Embrace It? (28 juillet 2021), dont la lecture a été une étape cruciale de mon apprentissage.
3-vous (re)connecter à vos besoins et vos valeurs profondes: été-rituel avec "honorer nos cœurs à vif"
Et si on envisageait l'été comme un temps de rituel? En ce milieu d'année post-solstice, alors que nous avons entamé la deuxième moitié de 2025, je vous propose un accompagnement ponctuel et sur-mesure pour vous (re)connecter à vos besoins et vos valeurs profondes.
Avec "Honorer nos Cœurs à Vif" je vous aide, en une, deux ou trois sessions, à identifier et créer le rituel idéal pour honorer un changement, une transition ou un évènement important dans votre vie, à votre manière et hors des normes imposées.
Quels sont les changements ou les étapes, infimes ou spectaculaires, joyeuses ou difficiles, que n'avez pas encore eu le temps, l'occasion ou la capacité d'honorer? Et comment les honorer?
C'est ce que je vous aide à identifier en mettant mon attention, ma curiosité, mon écoute et mes questions au service de vos besoins, vos envies, votre contexte, et votre créativité!
Comment ça marche?
1-Vous me donnez un aperçu de ce que vous souhaitez honorer, que ce soit un deuil, une transition, une célébration, ou tout ça à la fois, parce que c’est souvent le cas.
2-Je vous accompagne dans l’identification et la création d’un rituel pour honorer cette situation et les émotions associées. On se demandera ce que le terme “rituel” signifie pour vous. On partira de vos besoins, de votre contexte, de ce que vous aimez, de ce qui vous semble juste, de ce qui est possible pour vous, et de ce qui peut vous faire du bien, ou vous faire plaisir.
3-Plusieurs options sont ensuite possibles pour la réalisation du rituel: soit vous souhaitez que je sois témoin de votre rituel et nous y consacrons donc une séance, soit vous le réalisez de votre côté, seul·e ou avec les personnes que vous avez choisies, et on peut se retrouver pour débriefer, ou pas! Peut-être aussi que vous ne réaliserez pas forcément ce rituel tout de suite, car vous aurez besoin de temps pour laisser émerger tout ça de votre côté ou en échangeant avec d’autres personnes.
Ça vous semble un peu abstrait?
La liste de choses que vous pourriez souhaiter honorer est bien sûr infinie, et il en va de même pour les rituels que nous pouvons créer ensemble, mais je vous ai préparé ci-dessous une liste d'exemples concrets qui pourront peut-être vous donner une idée plus précise!
Si le mot rituel vous intrigue ou vous dérange, je vous invite à parcourir la newsletter de janvier que j’ai consacrée à ce mot et à la manière dont je l’envisage dans "Cœur à Vif." Dans la newsletter de juin, je vous explique le rôle que cet accompagnement peut jouer dans votre écosystème de changement.
Et enfin, je vous partage ici les témoignages de trois personnes qui ont participé à "Honorer nos Cœur à Vif" pour des raisons différentes, et pour lesquelles le terme “rituel” a pris un sens différent, en fonction de leurs besoins et de leur contexte. Merci à elles pour leur confiance et leurs retours!
Hâte de voir le sens et la forme que ça prendra pour vous si vous souhaitez qu’on co-crée ensemble!
Linda: "réflexions, partage, soutien"
"Ça m'a permis de me poser et de faire le point sur mon besoin vis à vis de mon deuil. J'ai pris conscience que c'est un processus personnel et que c'est important de faire des pas pour avancer quand on le ressent profondément et pas en rapport avec une date en particulier ou une façon de faire particulière. Merci infiniment pour ça!"
La suite ici
Lola: "habitude, honorer, changement"
"Je voulais réfléchir à l'association entre rituel et habitude et j'ai beaucoup apprécié la proposition d'honorer quelque chose qui était déjà là. C'était super rassurant de mettre en place un rituel autour d'une pratique qui était déjà présente, et ça m'a aussi apporté de la flexibilité, en partant de mes besoins quotidiens."
La suite ici
Chloé: "connexion, solidité, espoir"
"J'étais dans un moment de transition et je sentais que j'avais besoin de marquer le coup d'une manière ou d'une autre pour aller de l'avant et honorer cette période spéciale. Ce que j'ai adoré dans cette proposition c'est que j'étais active pendant la séance et que tu m'as aidé à trouver LA pratique dont j'avais besoin à ce moment là."
La suite ici
4-s'immerger dans le passé pour mieux naviguer le présent et sourcer le futur: été-étude décolonial et solidaire avec "à la racine: rencontrer Fanon"
Tout l'été, le lundi soir, on se retrouve pour découvrir l'œuvre d'un des pères de la psychologie de la libération, le martiniquais Frantz Fanon (1925-1961) engagé dans la lutte décoloniale pour l'indépendance de l'Algérie.
J'ai lancé ces cercles d’apprentissage collectif en juin, en parallèle de l'atelier "S'enraciner, Résister, Rêver," pour comprendre les racines de notre présent et nous aider à faire pousser les racines du futur.
Et j'ai en fait décider de continuer à proposer cette étude collective tout l'été, pour inscrire l'apprentissage sur le temps long, et accueillir celleux d'entre vous qui n'ont pas pu se joindre à nous en juin.
Comment ça marche?
Vous venez quand vous voulez/pouvez, sans aucune obligation de régularité. Chaque lundi soir je vous propose de nous retrouver en ligne pendant 1h pour (re)faire connaissance avec Fanon de la manière et au rythme qui convient à chacun·e: lire sa page Wikipédia, lire un post insta, regarder une vidéo youtube ou un live twitch, écouter un podcast ou (re)lire un de ses livres, à vous de choisir. L’étude se fait de manière autonome en co-présence (ce n’est pas un book club ou un cercle d’échange, en tout cas pas pour l’instant).
Je proposerai un bref moment d'ancrage (respiration, mouvement) au début et à la fin de chaque session. Je vous partagerai aussi une liste de quelques questions introspectives pour faire un mini-bilan à la fin de la session, et prendre soin des émotions qui auront émergé. Et vous aurez accès à un document collaboratif qui liste ses œuvres et des ressources à son sujet, qu’on pourra compléter ensemble.
Cet proposition est sur donation à partir de 0 euros. J'utilise toutes vos contributions pour acheter et recharger des e-sims pour les Palestinien-nes via le collectif Connecting Humanity ou Watermelon Warriors.
Si ça vous dit, écrivez-moi pour recevoir le lien d’inscription!
Buisson d'euphorbia guyoniana dans le sable
La plante que j'ai choisie pour illustrer ce cercle d'apprentissage collectif est une Euphorbia guyoniana, Labina ou Lebbina en arabe (n’hésitez pas à me corriger si besoin). C’est une plante endémique de l’Algérie qui pousse dans les régions sableuses et le Sahara septentrional et qui est utilisée de manière médicinale pour ses nombreuses vertus thérapeutiques.
Merci beaucoup à Med BOUABDALLAH Imene et SLIMANI Rayene pour leur mémoire de Master “Les plantes endémiques médicinales en Algérie,” 2022, qui m’a permis de faire connaissance avec cette plante.
J'ai hâte de vous retrouver dans l'un de ces espaces, que ce soit "Cœur à Vif," "Coquillages et Cœurs Brisés," ou "à la racine: rencontrer Fanon."
Et sinon je vous souhaite un magnifique été et vous donne rdv à la rentrée pour d'autres aventures!
Je vous souhaite des moments de joie, de répit, de repos et de soin et d'avoir au moins un moment cet été où vous vous sentez comme la grenouille verte de ma mini-mare, posée oklm à la surface de l'eau sous une feuille de nénuphar!
La newsletter dans la newsletter: cultiver la solidarité pandémique
Pearl du dessin animé Steven universe regarde avec amour son crush Mystery Girl, les deux portent un masque ffp2, en dessous en noir sur un fond mauve on peut lire: you wanna send each other covid memes?
La solidarité pandémique est une de mes spécialités d'accompagnante-chercheuse engagée (le terme a été créé par le collectif Pandemic Solidarity for the Long Future), en France on parle plutôt d'auto-défense sanitaire.
Ce qui veut dire, avant toute chose, que je collectionne beaucoup de mèmes sur le covid (comme celui-ci avec Pearl de Steven Universe et son crush Mystery Girl, réalisé par covid cryptid).
Mais surtout que je me forme activement sur le lien entre santé et politique, l'histoire des institutions médicales, leur violence et les discriminations qui y règnent, et la gestion politique des "crises" sanitaires et des pandémies (chlordécone, chikungunya, grippe espagnole, ...).
Et j'étudie depuis 5 ans le covid, sa transmission, ses effets à long terme sur l'organisme, et surtout les causes et les conséquences systémiques de la construction du narratif de la "fin de la pandémie." Tous les mois je co-facilite (en anglais) un cercle de deuil collectif pour les personnes qui vivent la pandémie au présent.
Car non seulement le covid circule toujours, mais il ne prend malheureusement pas de vacances en été. Malgré les narratifs simplificateurs qui veulent en faire un "virus de l'hiver," il circule toute l'année et les taux de transmission explosent souvent en début d'été.
Chaque infection de cette maladie neuro-vasculaire impacte lourdement notre système immunitaire et nous expose toustes au développement d'un covid long, c'est-à-dire un faisceau de conditions chroniques extrêmement handicapantes, alors que notre cher gouvernement (sarcasme) propose dans le même temps de rendre encore plus difficiles les conditions d'accès au dispositif ALD (affections longue durée)...
L'objectif de la solidarité pandémique: s'entraider à changer la manière dont on envisage collectivement les pandémies. Parce qu'une gestion néo-libérale, policière et fasciste de la pandémie c'est non, mais faire comme si de rien n'était c'est non aussi! :) (ah et aussi démanteler le validisme, le capitalisme, le colonialisme, et le patriarcat vu que ce sont les structures qui alimentent ce déni, mais qui est surpris ici?)
Les initiatives qui vont dans ce sens sont nombreuses mais très peu visibilisées, alors aujourd'hui je vous en partage quelques unes, à la fois inspirantes et informatives, pour s'entraider à faire une place à la prévention solidaire dans notre écosystème estival.
-le 14 juillet le Collectif Tendresse Rrradicale organise dans le 20e à Paris en auto-défense sanitaire (avec masques FFP2 fournis et purificateurs d'air) un goûter anti-nationalisme avec un programme plus qu'alléchant: "C'est plus la Bastille qu'on veut faire tomber, c'est toutes les frontières et les murs des CRA ! Pour se réapproprier ce jour de célébration de lutte et ne pas le laisser aux mains de nationalistes nauséabonds et de leurs sbires armés, on vous propose un moment de solidarité radicale et de douceur tenace. Après la manifestation de Guerre à la guerre contre toutes les frontières, on vous organise donc un moment de care et de partage."
Affiche de l’évènement goûter anti-nationalisme où on peut voir au centre en noir et blanc le dessin d’un petit oiseau sur une branche sur un fond rouge foncé avec de petites étoiles et des gerbes blanches comme des deux d’artifice
-Les photos et vidéos du concert covid-conscious du 22 juin de l’artiste Phytocène sont sorties! C'était le premier concert en auto-défense sanitaire en France! Merci à elle, à l'ARRA (asso pour la reduction des risques aéroportés) et au Mask Bloc Paris d'avoir mis en place des outils de réduction des risques pour protéger les artistes et le public!
Screenshot d'une vidéo où on voit l'artiste avec un masque ffp2 noir sur la terrasse du Petit Bain avec les sous-titres: c'est que tout le monde soit accueilli
-Dans l'article "Canicule, pandémie: qu'attendons-nous pour préparer les écoles?" (Libération, Tribune, 4 juillet 2025) un collectif d'associations, de syndicats, d'ingénieurs et de chercheurs fait le lien entre virus aéroportés et chaleur extrême pour appeler à un vrai travail sur la qualité de l'air intérieur dans les écoles pour les années à venir, pour protéger les élèves, les familles et le personnel éducatif (article en version texte ici).
-le replay de la première table ronde sur le covid long organisé le 11 juin par l’association Winslow, avec le soutien de la vice-présidente de l’Assemblée Nationale et députée LFI Nadège Abomangoli (merci!), en présence de Gwen Fauchois (ex-vice présidente d’Act Up) est désormais dispo et je le recommande vivement pour comprendre les bases de ce qui se joue avec le déni pandémique
Photo à l'assemblée où on voit la député assise et entourée de deux personnes, les trois personnes portent des masques FFP2, noir ou blanc